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S'impliquer syndicalement pour que la valeur revienne aux agriculteurs

22 mars 2018 à 08:22
Henri Brichart était en Haute-Loire le 20 mars.

Le 1er vice-président de la FNSEA, Henri Brichart, a répondu à nos questions à l'occasion du congrès de la FDSEA le 20 mars dernier.

Les agriculteurs attendent un retour de valeur pour leurs productions. Suite aux Etats Généraux de l'Alimentation, êtes-vous optimiste sur cette question ?

Henri Brichart : Il faut être optimiste. Si on veut que les agriculteurs vivent de leur métier il y a besoin de créer cette valeur. Les EGA sont un signal positif ; jusqu'à présent tout était fait pour le consommateur (prix bas) et d'une certaine manière, il fallait que tout le monde puisse vivre, y compris le producteur. A présent, nous attendons beaucoup de la loi qui doit encadrer les choses car en l'absence de loi, les mauvaises habitudes continueront. Mais attention, la loi seule ne suffira pas ; il faudra également que syndicalement on s'active pour que le retour de la valeur, qui doit être créée par le relèvement du seuil de revente à perte ou l'encadrement des promotions, revienne aux agriculteurs. Ça serait catastrophique que cette nouvelle valeur générée reste au niveau de l'aval agricole ! Il va donc falloir que l'on s'implique, en particulier autour de la contractualisation, pour qu'il y ait un juste retour au niveau des agriculteurs.

Certains redoutent que la loi ne soit pas respectée ?

H B : D'abord, il faudra que la loi aille jusqu'au bout de ce que nous souhaitons car on sent bien que certaines parties prenantes vont essayer de fragiliser et d'alléger la loi. Ensuite, il faudra bien sûr qu'elle soit respectée ; le rôle des pouvoirs publics, via la DGCCRF, sera de la faire respecter ; et s'il le faut, nous les aiderons à faire en sorte que la loi s'applique ! J'insiste sur le fait que nous agriculteurs, devront aussi nous impliquer via les OP et la coopération pour obtenir ce retour de valeur.

Sur la PAC post 2020, quelles sont les évolutions qui se dessinent ?

H.B : La PAC 2020 pose plusieurs questions. Il y a d'abord le calendrier en lien avec les élections européennes qui approchent. Il va rester une petite année pour que les Etats membres, la Commission et le Parlement européens arrivent à se mettre d'accord. Si un accord est conclu sur les bases que l'on connaît à l'heure actuelle, nous avons quelques interrogations car le commissaire Hogan a la volonté de redonner plus de responsabilité aux Etats membres ; le 1er et le 2e pilier se construiraient alors selon un plan stratégique élaboré par les Etats membres, ce qui laisse craindre une renationalisation, et cela nous ne le voulons pas. Je crois qu'il faut laisser un peu de souplesse aux Etats, mais un encadrement européen est nécessaire pour éviter les distorsions de concurrence.

Comment percevez-vous l'avenir de l'agriculture et en particulier l'agriculture de montagne ?

H.B : Dans le contexte actuel où toutes les filières souffrent, c'est difficile de dire que tout ira pour le mieux. Mais on reste persuadé que le secteur agricole doit se développer d'une part sur l'aspect alimentaire (pour nourrir des marchés plus lointains dans le monde) mais aussi sur les services apportés par l'agriculture (énergies, réchauffement climatique…). Il y a un avenir pour l'agriculture mais dans un contexte différent (moins de politiques publiques, des attentes de consommateurs qui évoluent). A nous agriculteurs de nous adapter à ces évolutions. Quant à l'agriculture de montagne, il n'y a pas de raison qu'elle n'ait pas d'avenir. Effectivement elle a un certain nombre de handicaps et de contraintes mais la PAC sera toujours là pour les compenser.

Quels messages souhaitez-vous faire passer aux agriculteurs du département ?

H.B : Il ne faut pas être défaitiste. L'agriculture traverse une période de turbulences mais elle a de l'avenir. Et cet avenir, on saura s'en saisir si on est en capacité d'évoluer. Mais attention, il ne faut pas tout attendre des autres (des pouvoirs publics, de la PAC…) ; les agriculteurs doivent innover et agir et ne pas rester passifs.

Propos recueillis par Véronique Gruber


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : jeudi 22 mars 2018

Article publié le 22/03/2018 à 08:22
Auteur : Haute-Loire Paysanne

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