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Des chiens, des hommes et des clôtures sécurisées pour contrer le loup

20 septembre 2017 à 09:28
La formation s’est déroulée en salle et sur le terrain, sur l’exploitation de Nicolas Gibert, éleveur ovins à St Christophe d’Allier.

Les 11 et 12 septembre, les techniciens ovins de la région ont participé à une formation sur la protection des troupeaux à Landos.

Les 11 et 12 septembre, la Chambre d’agriculture de Haute-Loire organisait une formation sur le thème de la protection des troupeaux contre un prédateur de plus en plus offensif et dont la présence s’accroît dans nos départements de montagne, le loup.
Pour rappel, la Haute-Loire a fait l’objet de deux attaques en l’espace de 3 ans : à St Christophe d’Allier en 2014 et à St Etienne du Vigan en 2015.
Cette formation organisée avec le soutien financier de la MSA Auvergne et de la Région visait à sensibiliser les techniciens à la problématique de la prédation et à leur apporter les outils pour accompagner au mieux les éleveurs concernés.
Les moyens de protection
Après l’intervention de la MSA Auvergne sur le traumatisme émotionnel et psychologique généré par l’attaque d’un troupeau sur les éleveurs (voir dans cette page), le directeur adjoint du Cerpam (Centre d'Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée) Laurent Garde, a livré des informations techniques précises en matière de protection contre ce prédateur.
Ce dernier conseille d’associer a minima deux moyens de protection : le chien qu’il considère comme “le seul instrument réellement dissuasif” avec l’homme (au pâturage lorsque la visibilité du troupeau est bonne) ou bien le chien avec des clôtures électrifiées (dans le cas de pâturages sans visibilité et en parc de nuit).
“Le système chien-homme (via une logique du gardiennage) est un moyen de protection efficace. Toutefois, le système que je vous présente a été conçu pour l’alpage. Dans ces zones d’élevage,  un troupeau de 2000 brebis est protégé par 4 à 6 chiens et 2 bergers durant 4 mois. Toutefois, ce n’est pas transposable en dehors des alpages” explique-t-il.
Alors quelles préconisations ce spécialiste du Cerpam fait-il pour nos élevages de plus petites dimensions que l’on structure en lots (au moins trois) et dont les animaux pâturent pendant 8 mois sans aucun berger ?  “Pour un troupeau de 400 brebis, il faudrait mobiliser un berger et 2 à 3 chiens par lot. L’exploitation passerait alors de 1,2 ETP à 3 ETP, et ce sans revenu économique supplémentaire !”.
Un minimum de 2 chiens
Et si autant de moyens humains ne peuvent être mobilisés sur les exploitations, il est toujours possible d’installer des clôtures sécurisées (hauteur de 1,1 m à 1,2 m avec 5 fils électrifiés ou sécurisation du grillage existant avec du fil barbelé en bas).
Quant au chien de protection, ils ne doivent jamais être seuls ; leur efficacité commence à partir de 2 chiens. Laurent Garde rappelle par ailleurs qu’un chien de protection n’a rien à voir avec un chien de troupeau, l’éducation n’est pas la même. Selon lui “si la race du chien n’a aucune importance, en revanche la qualité de la sélection génétique initiale compte beaucoup”. Pour obtenir les chiens de protection les plus efficaces possible, il conseille d’opter pour des souches alpines ou de la région des Abruzzes en Italie.
Les ovins et les caprins ne sont pas les seuls animaux à pâturer en extérieur dans nos régions, les bovins laitiers et allaitants peuvent eux aussi être amenés à faire de mauvaises rencontres...

V.Gruber

A lire dans notre édition du 14 septembre


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : mercredi 20 septembre 2017

Article publié le 20/09/2017 à 09:28
Auteur : Haute-Loire Paysanne

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