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Sale temps pour les abeilles dans le Cantal...

26 avril 2018 à 06:14
Les conditions climatiques défavorables associées à la pression du parasite varroa ont affaibli les colonies cantaliennes.

Les apiculteurs cantaliens viennent d’enregistrer deux mauvaises années mellifères et l’état de santé des ruches ce printemps est peu encourageant.

Les saisons se suivent et malheureusement se ressemblent pour les apiculteurs cantaliens dont le syndicat tient son assemblée générale ce samedi à Trémouille, dans le Puy-de-Dôme. Après une très mauvaise campagne mellifère en 2016, ils ont en effet dû composer à nouveau l’an dernier avec de très faibles récoltes, de l’ordre de 7 kg en moyenne par ruche, contre 15 à 20 kg une année “normale” pour des ruches sédentaires. “Seules quelques zones très localisées ont réussi à tirer leur épingle du jeu”, constate Christian Carrier, président du syndicat qui compte 535 adhérents (lire par ailleurs). 
Les causes de cette production en peau de chagrin ? Les gelées tardives d’avril 2017, “qui ont affecté beaucoup de fleurs, y compris sur le long terme”, indique Christian Carrier, citant le cas des tilleuls dont la floraison est pourtant plus tardive, en  juillet, mais dont pas un gramme de miel n’a pu être extrait en 2017 dans le département. Les châtaigners ont également été victimes de ces gelées dans certains secteurs. Au-delà de l’environnement végétal, c’est aussi la dynamique de développement printanière des colonies qui a été altérée par ces aléas climatiques.

Météo et varroa font des dégâts

Et l’horizon ne s’annonce pas vraiment dégagé : même si les visites de colonies n’ont pas encore pu être réalisées en raison de l’hiver tardif, les premiers échos en provenance d’apiculteurs professionnels et de plusieurs amateurs, font état de pertes massives. “Le problème est qu’on est toujours sur la corde raide pour maintenir nos abeilles en vie, le moindre pépin peut avoir de graves conséquences”, relève l’apiculteur d’Arpajon-sur-Cère. 
Des pépins, ces précieux pollinisateurs les cumulent. À commencer par l’ennemi public numéro un de longue date : le “bien nommé” varroa destructor, un acarien parasite de l’abeille qui fait des ravages dans les colonies. “Curieusement, c’est fort probablement le parasite sur lequel on a le plus de traitements homologués mais sans efficacité optimale”, constate le représentant des apiculteurs. Car nombre de ces traitements requièrent  de la technicité, en tenant compte des paramètres extérieurs, comme la température. “Ça réclame un suivi permanent et beaucoup de compétences”, fait valoir Christian Carrier, qui anime les sessions de formation au tout récent rucher école implanté par la Caba à la Plantelière. 
Des compétences qu’un certain nombre d’apiculteurs amateurs n’ont pas. “Les pertes dans les ruches s’expliquent aussi souvent par une méconnaissance du cycle biologique de l’abeille. Certains idéalisent cet insecte social et ne vont pas appliquer correctement les traitements.” D’où les appels répétés du syndicat à suivre les formations proposées et les préconisations de la section apicole du GDS qui compte tout de même un peu plus de 300 apiculteurs.

Nouvelles menaces pour les butineuses

Lui n’est pas un parasite mais un prédateur : le frelon asiatique fait désormais partie du paysage ailé cantalien, surtout sur son versant sud-ouest où il n’hésite pas à faire des razzias à la sortie des ruches. Seule vraie parade : agir en amont, en essayant de piéger les fondatrices au printemps. C’est ce à quoi travaille le syndicat en lien avec la Fredon Auvergne qui met en place un réseau de référents pour localiser et signaler les nids, souvent difficilement visibles car cachés dans les arbres. 
Et Apis mellifera, l’espèce domestique des apiculteurs, n’en a probablement pas fini avec les menaces : aux portes de l’Hexagone, en Sicile, c’est un petit coléoptère - Aethnia tumida, classé danger sanitaire de première catégorie par l’Anses - qui pourrait débarquer d’un jour à l’autre dans le ciel français. De même, la profession scrute avec appréhension l’arrivée potentielle d’un autre acarien et de nouveaux virus sachant qu’une quarantaine peut déjà infecter l’espèce, affaiblie par le varroa. Autant de dangers et évolutions qui, pour le syndicat, rendent plus nécessaire que jamais la formation continue des apiculteurs. 
Christian Carrier n’écarte pas non plus le rôle des pesticides dans la disparition des abeilles et d’autres insectes. Il a d’ailleurs convié à l’assemblée générale le sénateur Delcros, l’un des 135 parlementaires français à avoir réclamé fin mars une application stricte de l’interdiction des néonicotinoïdes, par ailleurs membre du comité de soutien des élus à l’abeille et à l’apiculture.
Si la prise de conscience sur le rôle des abeilles dans la pollinisation de 80 % des plantes à fleurs est effective, Christian Carrier tient à souligner que sans apiculteur, pas d’abeille : “L’abeille domestique est totalement dépendante de la présence des apiculteurs. Un rapport de l’Anses établit qu’une colonie qui s’installerait de manière naturelle dans un arbre n’aurait pas de chance de survie à trois ans. Il faut donc aussi préserver les apiculteurs.”     
Patricia OLIVIERI


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : samedi 21 avril 2018

Article publié le 26/04/2018 à 06:14
Auteur : Administrator User

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