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Objectif 2021 : + 30 % de producteurs en bio en Auvergne-Rhône-Alpes

15 mars 2017 à 13:21
Dominique Despras (à gauche) a échangé avec les représentants agricoles en présence du maire de Saint-Clément et du président de Cère et Goul au Gaec de la Reine des Prés (famille Amilhaud).

Conseiller spécial agriculture biologique du président Wauquiez, Dominique Despras a installé mercredi le premier comité départemental bio dans le Cantal.

“Il faut changer de braquet pour répondre au boulevard qui est devant nous” : venu mercredi à Vic-sur-Cère, installer le premier comité départemental bio(1) animé par la chambre d’agriculture du Cantal, Dominique Despras, conseiller spécial agriculture biologique du président Laurent Wauquiez, et lui-même producteur de lait et fromages bios dans le Rhône, a affiché les ambitions de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, actuellement deuxième région bio française en nombre d’exploitations (4 959 fin 2016). La majorité régionale vise ainsi une progression de 30 % de l’effectif de producteurs en bio d’ici quatre ans, avec un objectif immédiat de 450 installations dès 2017. Et le Conseil régional a une nouvelle fois sorti son chéquier en débloquant 2,7 M€ par an pour financer son plan d’action bio.

Booster la production régionale
En amont, c’est au pied du col de Curebourse, en terrain connu, au Gaec de la Reine des Prés de Saint-Clément, que Dominique Despras est allé échanger avec les éleveurs et responsables agricoles et délivrer ce message d’une nécessaire hausse de la production bio régionale pour approvisionner des marchés en forte croissance et des magasins spécialisés où il désespère de voir des produits étrangers s’accaparer les rayons. “L’objectif, c’est de ramener de l’économie, de la valeur, en allant chercher des démarches de différenciation comme le bio pour assurer un meilleur revenu aux agriculteurs tout en gagnant en compétitivité”, a plaidé celui qui est maire de la petite commune de Claveisolles.
Une démarche initiée il y a plus de 15 ans par la famille Amilhaud, suite à la crise de la vache folle. En 1998, Jean-Baptiste fait ses premières commandes d’aliments bios produits à Ferrières-Saint-Mary et décide de mieux valoriser ses animaux limousins via la vente directe, un projet réfléchi et mûri avec l’appui de l’Énilv d’Aurillac. En 2001, c’est la conversion de l’élevage en bio, quatre ans plus tard l’implantation d’un atelier de découpe à la ferme dont Mme Amilhaud devient salariée. Jusqu’à l’installation de leur fils, Patrice, en 2013, le couple amplifie la vente directe : les vaches de réforme, abattues à 6-7 ans, sont commercialisées en boeuf en caissettes de même que les veaux rosés (7-8 mois) à destination de particuliers (y compris via le drive fermier) et de quelques restaurateurs locaux. L’atelier de volailles mis en place par Patrice en produit quelque 1 500 à l’année, vendues en conventionnel du fait notamment du coût de l’alimentation bio (le Gaec exploitant 78 ha tout en herbe).

La question de l’attache
Le développement de l’exploitation - via un projet d’extension du bâtiment pour héberger 30 vaches de plus - a dû être repoussé. Un projet de 300 000 € TTC (avec des aides du PCAE(2)) en suspens en raison de la conjoncture et de l’évolution potentielle de la réglementation européenne, notamment sur l’attache des animaux. Si, comme le prévoit l’UE, ce système traditionnel - qui concerne 40 % des éleveurs bios du Cantal - devait être interdit, “on ne restera pas en bio”, a assuré Patrice, et il faut s’attendre à de nombreuses déconversions, a prévenu Éric Fabre, responsable du groupe bio de la FDSEA qui a sollicité l’appui politique de la Région. “On plaidera à Bruxelles dans le même sens que les OPA”, a promis le conseiller régional.
Au cours de la discussion, il a en outre été question de la difficulté à positionner la viande bio dans les magasins spécialisés, “éthiquement tournés vers la protéine végétale”, de même que dans la restauration scolaire, comme l’a constaté Patrice Amilhaud. “L’autre enjeu pour nous, c’est d’aller chercher des consommateurs hors du département”, a affirmé Patrick Escure, président de la Chambre du Cantal, qui souhaite accompagner les producteurs dans une organisation collective permettant d’alléger les contraintes logistiques pour démarcher les consommateurs de grandes agglomérations. Un projet pleinement approuvé par Dominique Despras pour qui il faut dépasser les circuits courts, le BtoB. “On nous ouvre les bras, ce serait dommage que la place soit prise par d’autres régions ou pays...”, a-t-il conclu.

P. Olivieri

(1) Puis visiter la coopérative de Planèze à Pierrefort.
(2) Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations.

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A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : samedi 11 mars 2017

Article publié le 15/03/2017 à 13:21
Auteur : Administrator User

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