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Le Cantal présente le programme Life Beef Carbon à la Cop 23

16 novembre 2017 à 15:51
À Bonn, Yann Bouchard a présenté le programme en s’appuyant sur une vidéo tournée chez Jérôme Taillefer. 

Un technicien de la chambre d’agriculture du Cantal appelé à témoigner à Bonn pour la conférence des Nations-Unies sur le climat, sur l’engagement de réduction carbone des élevages.

À la Cop 23, les seuls bovins qu’on ait pu voir étaient cantaliens. Des vaches filmées (1) sur l’exploitation de Jérôme Taillefer, éleveur à Lacapelle-Barrès (près de Pierrefort), pour une vidéo qui illustrait la volonté des éleveurs à apporter leur contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un film qui a servi de support à une conférence de présentation du programme “Life Beef Carbon” et du “Pacte pour un engagement sociétal”, initiés par l’Institut de l’élevage et Interbev. Et c’est également un Cantalien qui assurait, vendredi 10 novembre, la présentation de cette expérimentation innovante : Yann Bouchard, technicien au pôle Recherche, innovation et développement de la chambre d’agriculture du Cantal. Rencontre au sortir de la conférence qu’il a donnée dans le cadre de la Cop 23, à Bonn (Allemagne).
Quelles sont vos impressions globales sur ce rendez-vous mondial ?   
Yann Bouchard : “D’abord, malgré une débauche de moyens, l’impression que le monde agricole, l’élevage en particulier, est le grand absent. Et de surcroît, souvent mal représenté, à l’image d’une ONG qui prône la permaculture et qui ne représente en réalité qu’une ferme, mais dont 15 salariés sont venus faire du lobbying. Et effectivement, hormis la vidéo tournée dans le Cantal chez Jérôme Taillefer, pas une image de vache... Et pour notre présentation, timing serré de l’après-midi, avec six intervenants, dont Interbev.”
Votre contribution en a donc été que plus utile ?   
Y. B. : “Oui, c’était important d’être là, pour montrer une contribution positive du monde de l’élevage. Nous n’avons pas forcément identifié tous les participants à notre conférence, mais on sait qu’il y avait parmi le public des chercheurs et une délégation du Nicaragua de la FAO, l’organisation des Nations- Unies pour l’alimentation et l’agriculture. La FAO, qui a beaucoup apprécié notre support vidéo, l’a repris sur son stand ; le film a également tourné en boucle sur le Pavillon France.”
Comment le Cantal s’est-il retrouvé ambassadeur d’une démarche ?   
Y. B. : “Le programme Life Beef Carbon avait été primé en 2015 lors de la Cop 21 au titre des projets les plus innovants. Ce qui explique que ses acteurs soient de nouveau sollicités en 2017 pour un point d’étape. Une fois les différents paramètres et protocoles calés, les partenaires institutionnels, dont l’Institut de l’élevage qui le pilote, ont vite identifié que la chambre d’agriculture du Cantal était réactive, ayant rapidement répondu favorablement au lancement du projet. Nous nous sommes engagés sur 70 enquêtes chez des éleveurs allaitants pour quantifier les émissions de gaz à effet de serre, via le service Bovins croissance. Et sur six élevages, le pôle Recherche, innovation et développement de la Chambre d’agriculture a réalisé des diagnostics plus poussés. Ce programme opérationnel était présenté au Sommet de l’élevage et, de fil en aiguille, nous avons été re-sollicités pour la Cop 23 par le Pavillon européen.”
Au-delà du constat, quels sont les objectifs à atteindre ?   
Y. B. : “Une réduction de 15 % en dix ans des gaz à effet de serre émis par les élevages. On part d’une situation détériorée et on imagine des marges de progrès. Des contributions positives qui se traduisent par le stockage carbone des prairies et des haies, mais aussi par une adaptation des pratiques : des fertilisations raisonnées, une performance accrue de l’élevage, par exemple pour produire plus de viande avec moins d’UGB(2)... De quoi gagner aussi sur le volet économique. Et il est démontré que les fermes au bon rendement économique sont aussi celles qui rejettent le moins de carbone ! En outre, à l’heure où l’élevage est attaqué, pointé du doigt, on montre un programme volontaire et d’engagement dynamique, basé sur une diffusion de bonnes pratiques.” 
Quelle suite à donner ?   
Y. B. : “La première phase a consisté à une procédure d’enquête sur l’exploitation. Questionnement de l’éleveur et données chiffrées sur son système de fonctionnement permettent d’évaluer l’empreinte carbone de l’élevage. Démarre à présent une étude  établie d’après des simulations résultant de l’activation de divers leviers. Ceux-ci s’appuyent sur des données concrètes, issues des fiches d’observation des fermes références du Cantal. D’ici trois ans, on espère évaluer, en conditions réelles, l’impact de ces leviers en fermes. Et bien sûr, relever le défi.”     

Propos recueillis par R. Saint-André
(1) Voir sur la page Facebook de la chambre d’agriculture du Cantal.
(2) Unité de gros bétail. 


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : mercredi 15 novembre 2017

Article publié le 16/11/2017 à 15:51
Auteur : Administrator User

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