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La pluie “ne changera plus rien”

01 octobre 2018 à 06:05
“Le ministre ne peut pas venir sans solutions”, avance le président de la FNB, aux côtés de Géraud Fruquière (section bovine FDSEA 15).

Pas de discours officiel prévu pour le ministre de l’Agriculture à Cournon, attendu cependant de pied ferme pour aider les éleveurs à faire face aux conséquences de la sécheresse.

La venue de Stéphane Travert au Sommet de l’élevage jeudi matin est confirmée. Qu’attendez-vous du ministre dans le contexte actuel ?
Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB) : “Le sujet de préoccupation des éleveurs aujourd’hui, c’est la sécheresse qui touche une grande zone du Sud-Massif central en remontant sur l’Est, en gros tous les principaux bassins d’élevage allaitant, hormis l’Ouest un peu moins impacté. Cette sécheresse présente un caractère exceptionnel : des épisodes secs au printemps ou en été, on en a connus, mais des sécheresses à l’automne, jamais comme celle-là avec des ruptures de pâture depuis août. Et on sait que même si la pluie arrive, ça ne changera rien, on ne refera plus de stocks. Finalement, on va avoir un hiver qui va durer neuf mois avec des stocks fourragers entamés quatre mois avant la date prévue.
Ce qu’on attend, au-delà de l’avance des aides Pac déjà annoncée, ce qui est une très bonne chose à court terme pour la trésorerie des éleveurs, c’est le déclenchement de procédures calamités avec des modalités d’évaluation des pertes modifiées compte tenu du caractère atypique de cette sécheresse. Il faut que cette évaluation soit faite en entrée d’hiver. Il faut que le ministre vienne à Cournon avec des solutions.”
Ne faut-il pas craindre des répercussions de cette sécheresse sur les marchés et les cours avec des sorties précoces et importantes de broutards par exemple ?
B . D. : “C’est effectivement une de nos inquiétudes : l’anticipation des sorties de veaux, plus légers, et donc des ventes inférieures au montant prévu. Pour l’instant, cette crainte n’est pas confirmée, aucun chiffre n’attestant de sorties massives. Par ailleurs, élément rassurant, en Italie et en Espagne, les deux principales destinations de nos broutards, les marchés se portent bien, ce qui est de bon augure pour les cours des broutards.
Ces derniers se sont maintenus jusque-là et dans le contexte de sécheresse actuel, on espère que chacun sera sage dans ses pratiques commerciales. Aucun signal de marché ne justifie à cette heure de baisse.”
Situation plus compliquée pour le gras...
B. D. : “Oui. On est déjà sur une diminution du cheptel allaitant en France avec une décapitalisation. Un phénomène que la sécheresse risque d’accentuer, les éleveurs étant tentés de baisser leur effectif de vaches allaitantes pour passer l’hiver. Tout ça dans une conjoncture de prix morose. D’où les grandes ambitions que nous portons dans le cadre des États généraux de l’alimentation (EGA) et du Plan de la filière bovins viande. Notre travail, c’est de faire prendre conscience à toute la filière au sein de l’interprofession qu’une entreprise d’élevage, comme une entreprise d’abattage ou de distribution, doit, pour continuer à exister, au minimum couvrir ses coûts de production. C’est un enjeu majeur pour le maintien de la production en France. On espère donc que dans les plus brefs délais, on va pouvoir mettre en application de façon très concrète tous les discours tenus lors des EGA et tous les engagements pris par chacun des acteurs de la famille viande bovine dans le cadre du Plan de filière.”
Les regards sont tournés depuis de nombreux mois vers la Turquie, un marché présenté à fort potentiel vers lequel les transactions sont taries. La venue du ministre turc à Cournon peut-elle changer la donne ?
B. D. : “Le pays est ouvert aux importations françaises. La révision du certificat sanitaire a été validée et les vétérinaires turcs doivent venir ces jours-ci visiter des centres de quarantaine pour les agréer. Ces évolutions résultent du travail conduit par la FNB, la structure Sommet de l’élevage et les services de l’État lors d’une visite en Turquie ce printemps. Et on compte vraiment sur le Sommet de l’élevage pour mettre en relation les importateurs turcs et les exportateurs français pour enclencher dans les plus brefs délais des flux. La Turquie reste une destination à fort potentiel, complémentaire des marchés italien et espagnol.”
L’autre facteur limitant, c’est la dévaluation de la livre turque.
B. D. : “S’ils veulent acheter de la viande, leur monnaie ne vaudra pas plus sur le marché sud-américain sur celui européen. On va profiter de Cournon pour échanger avec les autorités turques sur la stratégie qu’elles veulent mener par rapport aux exportations françaises dans le contexte monétaire actuel. Une chose est sûre, leur présence en tant qu’invités d’honneur à Cournon est un vrai signal de l’intérêt qu’ils portent à nos animaux.”

Propos recueillis par P. OLIVIERI


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : samedi 29 septembre 2018

Article publié le 01/10/2018 à 06:05
Auteur : Administrator User

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