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Coopération : L’appel du pied de l’italien Parma aux éleveurs français d’Elvea

10 mai 2017 à 13:58
La filière bovine estampillée B2E au coeur des débats entre Elvea et Parma France.

Elvea sud Massif central vient de tenir son assemblée générale à Polminhac, en présence de Philippe Auger, président d’Elvea France, et Egidio Savi, président de Parma France.

La salle polyvalente de Polminhac était bien bien garnie vendredi dernier à l’occasion de l’assemblée générale d’Elvea sud Massif Central. Et nul doute que la présence d’Egidio Savi, président de Parma France, n’était pas étrangère à la situation. D’autant que la thématique du jour, “La production de broutards face aux attentes du consommateur”, semblait alléchante.
Et ce fut le cas. Alors que Gilles Malvezin, directeur d’Elvea SMC, présentait la certification B2E (lire également L’union du 26 avril), certification qui prône la vaccination dès le plus jeune âge et selon un cahier des charges très précis, le président Savi ouvrait la porte à une probable collaboration encore plus importante.

Stopper la baisse de consommation
“Je suis content de participer à cette assemblée avec des éleveurs qui vivent sur le territoire. Cela me permet de mieux connaître la situation, vos difficultés, mais aussi de pouvoir permettre un meilleur rapprochement entre vous et le marché italien. Parma est associé avec le plus grand groupe d’Europe Cremonini. Aujourd’hui, 90 % des veaux que l’on achète en France sont en filière.”
Il expliquait aussi pourquoi la grande distribution vivait mal la situation de la viande et une “forte baisse de la consommation en Italie où nous sommes attaqués tous les jours par les médias, comme en France”. De 28 kg de consommation annuelle, l’Italien est passé “aujourd’hui à 18 kg” et ce, pour plusieurs raisons : économique d’abord “avec beaucoup de gens qui ne peuvent pas se permettre de manger de la viande” ; il y a aussi la question des végétariens “et c’est la mode aujourd’hui de passer à la télé pour dire que l’on est végétarien”. Enfin, il y a l’aspect “éthique morale avec l’idée qu’il ne faut pas faire de mal aux animaux. Du coup, tous les jours, on a soit la police, soit les gendarmes qui viennent contrôler jusque dans les camions”.
Mais après avoir brossé ce tableau, le président de Parma France présentait des “signaux positifs en Italie”, avec l’obligation par exemple de mettre de la viande “deux fois par semaine dans les cantines”. Selon lui, on doit aller encore plus loin, “réagir et trouver des solutions pour répondre aux consommateurs”. Et dans ce sens, l’initiative B2E est jugée “extraordinaire”.
“Si l’on arrive à baisser la quantité d’antibiotiques, c’est formidable.” Le ministère de la Santé, en Italie, vient de présenter un projet avec l’idée de vendre de la viande sans antibiotique. “Le meilleur moyen de le faire, c’est d’immuniser le veau dès le départ. Il faut arrêter de donner des antibiotiques à tout le monde et plutôt agir au cas par cas. C’est le plus facile à faire, mais compliqué à mettre en place car cela pose un problème d’argent et d’organisation.”
Mais Egidio Savi n’en démord pas et pense que “c’est l’avenir. Les gens cherchent à manger de la bonne viande. Et les supermarchés cherchent aussi des solutions alternatives pour satisfaire la clientèle et stopper cette baisse de la consommation”. S’adressant aux éleveurs, il expliquait alors qu’il fallait “faire le chemin ensemble pour valoriser votre excellence de la génétique et notre excellence dans l’engraissement”.
Faire un bout de chemin ensemble, l’Italie a commencé le travail en “achetant 10 % de bovins en plus que l’année précédente. Il nous faut de la quantité. 50 % de la viande consommée en Italie arrive de l’étranger. Mais comme chez vous, le consommateur italien demande de plus en plus un produit fait en Italie. Alors, nous devons défendre ce secteur et on doit expliquer au consommateur italien le produit que l’on fait avec votre excellence génétique, la meilleure du monde, et notre savoirfaire dans l’engraissement. Car c’est tout simplement un produit extraordinaire”.
Un appel du pied très fort “car on a encore de la place pour l’engraissement”, et d’insister fortement sur le fait que l’Italie “a besoin de votre excellence. Il faut se donner les moyens de valoriser les produits sinon on va se faire bouffer. Et avec une niche d’un million de têtes, il y a de quoi faire”.

J.-M. Authié

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A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : samedi 6 mai 2017

Article publié le 10/05/2017 à 13:58
Auteur : Administrator User

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