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Altitude se lance dans la méthanisation

19 mars 2018 à 07:18
De gauche à droite : Olivier Voisin, Olivier Bouttes, Jean-Pierre Chateau et Fabrice Le Turluer (directeur de Méthajoule).

Le groupe coopératif Altitude signe avec Méthajoule un contrat de maîtrise d’œuvre pour une unité de méthanisation sur le site de la maternité collective de porcelets de Coste-Chaude.

Rien ne se perd tout se transforme. La célèbre phrase de Lavoisier sera on ne peut plus d’actualité à l’horizon de la mi-2019, date à laquelle devrait être livrée l’unité de méthanisation qui sera adossée à la maternité porcine collective de Coste-Chaude à Léotoing, en Haute-Loire. 
Ce projet vient de faire l’objet d’un contrat de maîtrise d’œuvre signé entre le groupe coopératif cantalien Altitude, dont la coopérative altiligérienne est le premier maillon de la filière Porcs de Montagne, et l’entreprise Méthajoule, filiale du groupe Chadasaygas(1) - à qui l’on doit déjà l’unité de méthanisation de Saint-Bonnet-de-Salers et celle en construction aux Quatre-Routes de Salers (livrée en septembre).
Deux structures aux attaches cantaliennes fortes qui partagent des valeurs et une ambition *communes : fixer la valeur sur le territoire à partir de l’exploitation des ressources locales. Pour les deux partenaires, ce projet s’avère une première : le groupe Altitude va ainsi faire ses premiers pas dans la production d’énergie, tandis que Méthajoule sera pour la première fois maître d’œuvre et non porteur de projet. 

Verdir l’image de la filière

Reprise par l’union Altitude en même temps que les établissements Laporte aliments à Blesle, cette maternité produit 26 000 porcelets “de haute qualité” à l’année, destinés aux éleveurs engraisseurs cantaliens de la Capp. “Coste-Chaude n’est pas une coopérative banale, c’est une coopérative de production et non de commercialisation ou de transformation. Elle nous a permis de bâtir une filière porcine, nous, l’un des plus petits acteurs en France”, a rappelé le président Jean-Pierre Chateau, évoquant les 40 000 porcs annuellement engraissés par les 45 éleveurs de la Capp, soit moins que l’abattage hebdomadaire de la Cooperl. Une filière locale différenciée qui dispose de ses propres outils d’abattage (avec Covial) et de transformation (Cantal salaisons). Ajouter un maillon de traitement et valorisation des effluents de Coste-Chaude, en l’occurrence 7 400 m3 de lisier annuels, est pour l’union Altitude une façon de boucler la boucle d’un mode d’élevage porcin déjà vertueux à bien des égards :
“Si on veut pérenniser cet élevage authentique, de taille modeste, qui s’intègre au paysage, avec des produits qui ont une identité forte, il faut qu’on soit capable de réduire les coûts de production et  de
mettre en avant le fait que notre production ne salit pas le territoire, mais au contraire le bonifie”, martèle Jean-Pierre Chateau. 
Pas si facile avec une production qui concentre les critiques et a priori sociétaux importés de modèles industriels qui n’ont ici pas cours. Transformer le lisier de Coste-Chaude en digestat inodore aux valeurs fertilisantes reconnues et en biogaz doit contribuer à dorer l’image de l’élevage porcin cantalien, avance le président.
Les premiers échanges entre Altitude et Méthajoule remontent à 2015 : “Nous les avons sollicités pour voir quels projets de méthanisation étaient envisageables compte tenu de notre activité,  le plus accessible et opportun a été celui de la maternité collective de Coste-Chaude. On a en effet un écosystème cohérent avec un schéma technique et économique pas trop important qui s’inscrit dans un modèle d’économie circulaire”, expose Olivier Voisin, directeur du groupe. 
“Pour nous qui sommes une jeune société de cinq ans d’existence, c’est aussi une marque de confiance qui nous est donnée”, se félicite Olivier Bouttes, président de Méthajoule. 

Un projet qui pourrait faire des petits...

Coût de l’installation, qui fonctionnera avec un procédé liquide en infiniment mélangé  : 1,5 M€ avec des aides de l’Ademe permettant un temps de retour sur investissement de huit ans. Au-delà, la vente d’électricité à EDF permettra de dégager une source de revenu net. Les travaux devraient prochainement débuter pour une durée de 15 mois. L’unité fonctionnera alors avec un salarié spécialisé.
Si Jean-Pierre Chateau préfère ne pas mettre la charrue avant les bœufs et recueillir d’abord les retours d’expérience de cette première unité, il garde en tête l’idée de transposer ce type de projet à l’échelle d’un groupe d’agriculteurs adhérents “qui s’entendent bien”, en système bovins lait ou allaitants. “Si l’expérience est concluante, ce que nous avons toutes les raisons d’espérer, nous voudrions pouvoir intégrer une proposition de service de méthanisation à destination de nos adhérents”, complète Olivier Voisin. 
Olivier Bouttes, fervent partisan de projets territoriaux de ce type, en est lui convaincu, si la France n’en est qu’aux prémices en matière de méthanisation, loin derrière les voisins allemands
et italiens, le potentiel est énorme : “Une étude de l’Ademe indique qu’à l’horizon 2050, 100 % du gaz consommé en France sera issu du biogaz, pas forcément agricole. Mais je suis persuadé que les territoires ruraux et agricoles ont leur place et doivent justement prendre toute leur place.” Et à ses yeux, le Cantal est sur la bonne voie... 

P. OLIVIERI

(1) Outre les deux premières unités du pays de Salers (la troisième est en réflexion), Chadasaygas travaille sur plusieurs autres projets, dans le Cantal, le Puy-de-Dôme (dont un à Besse) et un gros dossier à Vichy.


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : samedi 17 mars 2018

Article publié le 19/03/2018 à 07:18
Auteur : Administrator User

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