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Les betteraviers ambitionnent de réduire les effets post-2017

26 octobre 2016 à 13:55
Julien Cautier, vice-président, Régis Chaucheprat, président et Pierre Pelloux, directeur du Syndicat des Betteraviers des Limagnes sont confiants sur l’avenir de la filière sucre en Auvergne.

A la veille de l’arrêt des quotas sucrier, un nouvel accord interprofessionnel national a été signé pour trois ans afin de maintenir l’équilibre économique et social de la filière.

La filière betteravière française a signé cet été un nouvel accord interprofessionnel destiné  à maintenir l’équilibre de la production après l’arrêt des quotas en octobre 2017. Durant trois campagnes (2017-2018 à 2019-2020), il définit un cadre national clair et organise surtout la répartition de la valeur.

Le prix discuté entre producteurs et fabricants

A compter de 2017, le prix minimum de la betterave ne sera plus établi au niveau national mais seulement au sein de chaque entreprise à travers des négociations contractuelles. Afin de donner de la visibilité aux planteurs et surtout d’établir une juste répartition de la valeur, le nouvel accord interprofessionnel offre un cadre national précis sur tous les éléments de constitution du prix. En d’autres termes, l’évolution du marché, le coût de la tare terre, les primes pour l’arrachage précoce ou tardif, le barème richesse, le montant des acomptes, les pulpes, le déficit ou l’excédent de livraison figureront dans les contrats types et seront négociés au niveau national par les représentants des planteurs et chaque fabricant de sucre. Une réelle nouveauté et un grand pas en avant dans les relations producteurs/transformateurs, à l’aube de la libéralisation de la production sucrière. Pour Régis Chaucheprat, président du syndicat betteravier des Limagnes, ce nouvel accord permet avant tout de limiter l’émergence des déséquilibres. « Nous comptons en France plus de 26 000 planteurs et seulement six industriels du sucre. La CGB (confédération générale des planteurs de betteraves) souhaitait construire un lieu de discussion
où tous les acteurs de la filière pourront débattre en tout équité de la constitution du prix. On évite ainsi les déséquilibres en connectant davantage le prix de la betterave aux prix des sucres. C’est également mieux répartir la valeur les bonnes comme les mauvaises années ».

Les coopératives après-quota

Au sein des coopératives, comme la Sucrerie de Bourdon, la répartition de la valeur sera traitée par le conseil d’administration ou le conseil de surveillance ou une commission désignée à cet effet. A contrario, dans les entreprises privées, et les tiers non associés des coopératives, une commission spécifique « répartition de la valeur » devra être mise en place chez chaque fabricant. Malgré tout, ce nouvel accord interprofessionnel ne suffira pas à lui seul à balayer les effets de l’après quota et demandera notamment aux coopératives de s’organiser. « Il ne faut pas se voiler la face, la volatilité des prix nous l’aurons sur chaque tonne de betteraves. Les coops devront s’organiser notamment pour amortir les mauvaises années. Peut-être devront-elles «économiser» les bonnes années pour redistribuer et lisser les années déficitaires».

Le sucre, un marché porteur

La situation post-octobre 2017 inquiète tout de même les producteurs du Puy-de-Dôme et du Val d’Allier qui craignent d’être à la «traîne» par rapport aux autres régions du monde, d’Europe et même de France. Mais Régis Chaucheprat l’assure, le marché du sucre se «porte bien» et les «campagnes anti-tout et les effets d’annonces» (ndlr : à l’image de Pepsi’Co annonçant le 18 octobre dernier vouloir réduire de plus de 50% la teneur en sucre de ses sodas) sont des «coups d’épées dans l’eau». D’après l’agriculteur bourbonnais, la production de sucre en France et en Auvergne n’est pas menacée par l’après quota. «Il nous faut augmenter les volumes et les surfaces tout en réduisant les coûts pour être compétitifs. En France, nous consommons environ 22 Kg de sucre/habitant/an. Ce chiffre n’a pas bougé depuis plus de 50 ans. En revanche, dans les pays du Maghreb comme au Maroc, la consommation est de 36 Kg/habitant/an. Il y a des marchés à saisir et seule la sucrerie de Bourdon peut les prendre du fait de sa situation géographique ». A la prochaine campagne betteravière, la Limagne déjà forte d’environ 420 planteurs verra ses effectifs grossir de 38 producteurs supplémentaires. Au total, plus de 5 650 ha de betteraves couvriront les terres arables de la région. Le virage de la compétitivité est déjà entamé.

Mélodie Comte


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : mercredi 26 octobre 2016

Article publié le 26/10/2016 à 13:55
Auteur : Administrator User

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