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L’élevage ovin a presque tout pour plaire

20 octobre 2016 à 08:09
La filière ovine attire les candidats à l'installation mais doit encore progresser sur la modernité des exploitations pour espèrer renouveller ses éleveurs vieillissants. © M. COMTE

En mal de reconnaissance et de successeurs il y a quelques années, la filière ovine connaît désormais un regain d’intérêt auprès des jeunes.

Malgré la petite embellie autour de l'élevage ovin, le regain d'intérêt des jeunes envers la production ne suffira pas à combler le  départ en retraite de 50% des éleveurs français dans les dix prochaines années. La filière souffre encore de son image passée : peu rémunératrice, manque de technicité, outils vieillissants…
Un discours contre lequel se bat la filière ainsi que Serge Figon, conseiller à CerFrance Haute-Loire et spécialisé dans l’élevage ovin. « Depuis deux-trois ans, la filière ovine enregistre les meilleurs résultats des filières d’élevage. Beaucoup de producteurs ont amélioré leur productivité et se rémunèrent à hauteur d’un SMIC.»

Communiquer sur les atouts
Bernard Delabre est éleveur ovin sur le chemin de la retraite et peine à trouver un successeur. « Lorsque j’ai commencé à gagner ma vie avec l’élevage, je n’ai réalisé qu’un entretien minimum sur mon exploitation. N’ayant pas de repreneur, je ne voyais pas l’intérêt d’investir. Aujourd’hui, je m’aperçois que c’est un frein à la transmission.» De nombreuses exploitations ovines en cours de transmission sont vieillissantes. Un contexte auquel Quentin Beaumont, jeune éleveur ovin lait dans le Puy-de-Dôme depuis 2013, ne donne que peu d’importance. D’après lui : « les jeunes passionnés peuvent se débrouiller d’un tracteur récalcitrant et des fuites dans la bergerie, à partir du moment où ils ont un cheptel qui tient la route. » Il rappelle ainsi que l’éleveur ovin « gagne sa vie et peut faire appel au plombier et au mécanicien grâce à ce que sortent les brebis » ! Les performances du troupeau sont le fruit de la génétique et des réflexions de l’éleveur. Les outils modernes apportent rapidité, précision et confort, certains sont même indispensables mais les qualités naturelles de l’animal le sont tout autant. « J’ai monté mon troupeau
tout seul. Si j’avais pu reprendre un cheptel de qualité, je ne me serais pas attardé sur l’état de la bergerie. »
La coopérative Copagno accompagne depuis de nombreuses années les éleveurs à la sélection des animaux. « Les producteurs ont besoin d’avoir de bons animaux pour gagner en productivité et surtout sortir un produit conforme aux exigences du marché » explique Paul Bony, président.
Bref, la filière ovine doit faire table rase du passé et communiquer sur l’avenir pour installer les jeunes. Elle doit également remotiver ses troupes notamment les plus vieillissantes, à investir dans leurs exploitations et offrir ainsi aux futures générations des outils et des troupeaux « prêts » à l’emploi.

Mélodie Comte


A retrouver dans les pages de notre édition papier datée : jeudi 20 octobre 2016

Article publié le 20/10/2016 à 08:09
Auteur : Administrator User

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